Louis Morelle, Comment être pluraliste? Sur la multiplicité des modes d’existence chez Bruno Latour

Bonjour,

L’enregistrement de la séance 20 du jeudi 3 avril 2014 est disponible. Louis Morelle, que je remercie de nouveau, nous a présenté les modes d’existence de Bruno Latour et nous a offert un intéressant débat sur la signification de ces modes, leur vérité et leur teneur ontologique.

Jeudi, la séance aura lieu exceptionnellement de 11h à 13h en Amphi Rataud. Venez nombreux pour écouter une conférence de Michel Serres sur son propre pluralisme, et lui poser toutes vos questions.

Jim Gabaret

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Louis Morelle, Comment être pluraliste ? Sur la multiplicité des modes d’existence chez Bruno Latour

Bonjour à tous,

Jeudi 3 avril, nous discuterons avec Louis Morelle, que je remercie pour son intervention, des modes d’existence de Bruno Latour, après une communication intitulée « Comment être pluraliste ? Sur la multiplicité des modes d’existence chez Bruno Latour ».

Voici un résumé de la séance fourni par ses soins :

« Après avoir rapidement présenté, lors de la séance du 20 mars, les enjeux conceptuels de la confrontation entre la sociologie de la connaissance, à travers la figure de Bruno Latour, et le statut du discours scientifique en tant que discours de connaissance, il est possible d’avancer de manière plus décisive dans la proposition la plus aboutie formulée par B. Latour dans son Enquête sur les modes d’existence, celle d’un pluralisme ontologique. Comment comprendre une entreprise qui, mêlant de manière tourbillonnante une réflexion sur les conditions du savoir, une construction spéculative cohérente quoique difficile à saisir intégralement, et un projet quasi-politique d’ampleur inédite, échappe désespérément aux catégories usuelles de l’analyse académique ? À défaut de répondre à ces interrogations, on tentera d’offrir une explicitation, aussi ouverte que possible, des thèses et des ambiguïtés spécifiques posées par l’Enquête : est-elle en mesure de dépasser les apories du « tournant ontologique de l’anthropologie » avec lequel Latour présente plus d’une affinité, depuis Nous n’avons jamais été modernes ? Comment a-t-on pu passer d’un monisme ontologique apparemment radical, exemplifié par les Irréductions, à un pluralisme non réductible à une diversité de représentations socialement conditionnées ? Enfin, quel intérêt présente le système de l’Enquête, et pour le philosophe pluraliste en quête d’une formalisation satisfaisante en termes métaphysiques, et pour le Moderne qui souhaiterait surmonter une crise civilisationnelle et écologique sans précédent ?

J’avais formulé une présentation « intermédiaire », après une première lecture de l’Enquête, l’année dernière ( http://www.atmoc.fr/files/6146e6bf680ea6ecddf05e10809d1fa5-48.html ) ; celle-ci avait débouché sur un texte, en forme de « manuel d’entrée dans l’Enquête », que je vous ai fait parvenir; j’essaierai, pour cette séance, d’éviter la répétition en apportant des éléments de compréhension supplémentaires : après une rapide récapitulation des positions du « premier Latour » à l’endroit des notions de connaissance et d’explication, j’expliquerai par quelles médiations conceptuelles (et quelles controverses) Latour a opéré une transition d’une ontologie à dominante moniste (l’on verra en quel sens ce terme a pu fonctionner), vers un modèle spécifiquement pluraliste, fonctionnant à partir d’une altération répétée et multiple d’un schème ontologique basique (l’acteur-réseau), et en quel sens ce dépassement du monisme initial a été ou non couronné de succès. Enfin, je tenterai de montrer en quoi les propositions de l’Enquête peuvent être discutées du point de vue de leur fertilité concrète, sur le plan de la connaissance, des pratiques, et enfin, du destin « cosmopolitique » collectif.

Si vous souhaitez vous renseigner rapidement sur l’Enquête, il est possible de consulter la recension suivante : http://sociologies.revues.org/4478 « 

Venez nombreux jeudi de 16h30 à 18h30 en salle de séminaire, Pavillon Pasteur !

Jim Gabaret

Séminaire pluralisme séance 20 - Louis Morelle

Séance 19, Stéphanie Ruphy, Pluralismes scientifiques

Bonjour à tous,

L’enregistrement de la séance 19 est à présent disponible. Nous avons eu le plaisir d’accueillir Mme Stéphanie Ruphy, que je remercie une nouvelle fois pour sa riche communication, « Pluralismes scientifiques, Peut-on être naturaliste sans être pluraliste ? », et le débat sur le réductionnisme qu’elle nous a permis le 27 mars dernier.

Rendez-vous à présent jeudi prochain pour une séance de Louis Morelle sur les modes d’existence de Bruno Latour.

Bonne écoute, et à jeudi !

Jim Gabaret

Séance 18, Jim Gabaret et Louis Morelle

Bonjour à tous,

L’enregistrement de la séance 18 est à présent disponible. Il s’agissait d’abord d’une introduction aux questions posées par le pluralisme à la science, à ses méthodes, et à nos moyens d’accès aux savoirs, assurée par mes soins, qui introduisait notamment à la conférence que donnera pour nous Stéphanie Ruphy, auteur de Pluralismes scientifiques, le 27 mars. Louis Morelle, que je remercie une fois de plus, nous a ensuite proposé une communication intitulée « Des sciences studies aux modes d’existence (en passant par l’acteur-réseau). Bruno Latour face à l’épistémologie ».

Bonne écoute et venez nombreux jeudi en salle 236 écouter Stéphanie Ruphy.

Jim Gabaret

Séance 19 : Stéphanie Ruphy, Les pluralismes scientifiques

Bonjour à tous,

Après la séance de jeudi dernier qui nous a plongé au cœur des problématiques du pluralisme épistémologique – et de ses corrélats ontologiques chez Latour -, nous aurons la chance de recevoir jeudi prochain Mme Stéphanie Ruphy, professeure à l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, et auteur en 2013 d’un livre intitulé Pluralismes scientifiques, enjeux épistémiques et métaphysiques.

Elle nous présentera quelques uns des enjeux du pluralisme et de l’anti-réductionnisme en science, et exposera les linéaments de son propre « pluralisme feuilleté », d’inspiration nominaliste, anti-réaliste et pragmatiste, tout en répondant à nos questions.

La séance aura lieu exceptionnellement en salle 236, au 2ème étage du 29 rue d’Ulm, de 16h30 à 18h30.

Venez nombreux !

Jim Gabaret

affiche ruphy pluralisme2

PS : en forme d’avant-goût, vous pouvez écouter Stéphanie Ruphy sur France Culture : http://www.franceculture.fr/oeuvre-pluralismes-scientifiques-enjeux-epistemiques-et-metaphysiques-de-stephanie-ruphy

Introduction au pluralisme épistémologique, et « Bruno Latour face à l’épistémologie », Jim Gabaret et Louis Morelle, 20-03-14

Bonjour à tous,

Jeudi 20 mars, la dix-huitième séance du séminaire portera sur le pluralisme épistémologique. Je ferai d’abord une introduction aux questions posées par le pluralisme à la science, à ses méthodes, et à nos moyens d’accès aux savoirs. Il s’agira également d’introduire à la conférence que donnera pour nous Stéphanie Ruphy, auteur de Pluralismes scientifiques, le 27 mars. Louis Morelle, qui est déjà intervenu deux fois dans ce séminaire, nous présentera ensuite une communication intitulée « Des sciences studies aux modes d’existence (en passant par l’acteur-réseau). Bruno Latour face à l’épistémologie ».

Voici un résumé de sa présentation, fourni par ses soins :

Dans sa récente Enquête sur les modes d’existence, Bruno Latour déployait un vaste échafaudage théorique débouchant, entre autres choses, sur la proposition d’un pluralisme ontologique « intégral », permettant à la philosophie de « compter enfin au-delà de un, deux, ou trois ». Ayant présenté les grandes lignes de ce projet (d’ailleurs encore en cours d’élaboration, voir le site http://www.modesofexistence.org/ ) dans une intervention précédente, on adoptera ici une approche généalogique, ayant pour but de clarifier les enjeux et les ressorts de l’Enquête à travers ce « terrain » initial qu’est le laboratoire (dont Latour dit qu’il « est à la métaphysique ce que la drosophile est à la génétique »). C’est en effet à partir de ses écrits sur la science comme pratique et comme activité que sont fabriqués des propositions théoriques comme l’approche symétrique, le couple humains/non-humains, l’acteur-réseau, la délégation, ou le refus de la distinction nature/société. À ce titre, il y sera moins question d’un pluralisme épistémologique ou épistémique, que de la manière dont les thèses de Latour, forgées au sein des Science Studies et de leur confrontation parfois brutale avec l’épistémologie traditionnelle, ont, par une suite de déplacements et de reformulations conceptuels s’étendant sur plusieurs décennies, exigé le passage vers un pluralisme ontologique et épistémologique aux implications plus larges. Ce sera l’occasion de revenir sur les débats qui ont jalonné la trajectoire philosophique de B. Latour, et les controverses où elle s’est inscrite.

La séance aura lieu exceptionnellement de 16h à 18h (en salle de séminaire, Pavillon Pasteur). En effet, nos amis du séminaire « Eux et Nous »  nous invitent ensuite à venir discuter avec Etienne Balibar, de 18h à 20h, en salle Beckett. C’est avec plaisir que nous nous joindrons au débat, et je vous convie tous à en faire autant.

Voici une présentation de la séance que m’envoie l’un des organisateurs, que vous avez d’ailleurs sans doute déjà vu au séminaire Le Pluralisme, Arto Charpentier :

Tout le parcours de Balibar peut se résumer à une sortie du marxisme, à travers l’abandon de l’idée d’une détermination « en dernière instance » (des formes historiques par les formes de la production) au profit de la reconnaissance d’un pluralisme irréductible des formes de domination (et des luttes sociales qui y répondent – se posant alors le problème de leur articulation en coalitions). A ce titre, son itinéraire se distingue parmi les autres penseurs politiques de sa génération (Rancière, Badiou, etc), par sa perspective résolument pluraliste. Son intervention portera plus spécifiquement sur son analyse des « différences anthropologiques » dans leur articulation avec l’universel. Sous ce terme, Balibar réunit aussi bien la différence entre les sexes, qu’entre les « races », les orientations sexuelles, etc., qu’il cherche à penser de manière unifiée sans pour autant domestiquer leur diversité. A partir de différents exemples (Franz Fanon pour les luttes décoloniales, Mary Wollstonescraft pour le féminisme), il étudie les revendications qui naissent de la différence et contestent la forme instituée de l’universel (en tant précisément qu’elle s’accommode en réalité de discriminations et d’exclusions), suscitant ainsi un « conflit d’universalités ». Diversité irréductible et indomesticable des différences anthropologique d’une part, et d’autre part mise au jour de conflits au sein même d’un universel qu’on pensait monolithique. Autant d’aspects qui peuvent nourrir le pan politique des réflexions menées au sein du séminaire Le Pluralisme.

Voici le texte qui sera discuté ce jour là : la conclusion de Citoyen sujet, le dernier livre de Balibar : http://partage.eleves.ens.fr//files/717adf7445478e37c48a6e5a85d41e29/Balibar_-_Citoyen_Sujet.zip

Faites passer le mot et venez nombreux à cette belle après-midi pluraliste !

Jim Gabaret

Séance 18 séminaire pluralisme


					

Martin Fortier, séance 17, jeudi 13 mars 2014, « Diversité des ontologies ou diversité des vécus ? (II) »

Bonjour à tous,

Voici l’enregistrement de la séance 17 proposée jeudi dernier par Martin Fortier. Je le remercie vivement pour cette deuxième participation au séminaire, qui poursuit les pistes annoncées lors de la séance de février et revient sur l’intervention de M. Descola, qui devrait elle-même être mise en ligne sous peu.

Un résumé de la séance est disponible ici : https://seminairepluralisme.wordpress.com/2014/03/06/martin-fortier-seance-17-diversite-des-ontologies-ou-diversite-des-vecus-ii/

Bonne écoute et à jeudi prochain, pour une introduction au pluralisme épistémologique de votre serviteur, suivie d’une présentation du pluralisme épistémologique de Bruno Latour par Louis Morelle.

Jim Gabaret