Introduction au pluralisme épistémologique, et « Bruno Latour face à l’épistémologie », Jim Gabaret et Louis Morelle, 20-03-14

Bonjour à tous,

Jeudi 20 mars, la dix-huitième séance du séminaire portera sur le pluralisme épistémologique. Je ferai d’abord une introduction aux questions posées par le pluralisme à la science, à ses méthodes, et à nos moyens d’accès aux savoirs. Il s’agira également d’introduire à la conférence que donnera pour nous Stéphanie Ruphy, auteur de Pluralismes scientifiques, le 27 mars. Louis Morelle, qui est déjà intervenu deux fois dans ce séminaire, nous présentera ensuite une communication intitulée « Des sciences studies aux modes d’existence (en passant par l’acteur-réseau). Bruno Latour face à l’épistémologie ».

Voici un résumé de sa présentation, fourni par ses soins :

Dans sa récente Enquête sur les modes d’existence, Bruno Latour déployait un vaste échafaudage théorique débouchant, entre autres choses, sur la proposition d’un pluralisme ontologique « intégral », permettant à la philosophie de « compter enfin au-delà de un, deux, ou trois ». Ayant présenté les grandes lignes de ce projet (d’ailleurs encore en cours d’élaboration, voir le site http://www.modesofexistence.org/ ) dans une intervention précédente, on adoptera ici une approche généalogique, ayant pour but de clarifier les enjeux et les ressorts de l’Enquête à travers ce « terrain » initial qu’est le laboratoire (dont Latour dit qu’il « est à la métaphysique ce que la drosophile est à la génétique »). C’est en effet à partir de ses écrits sur la science comme pratique et comme activité que sont fabriqués des propositions théoriques comme l’approche symétrique, le couple humains/non-humains, l’acteur-réseau, la délégation, ou le refus de la distinction nature/société. À ce titre, il y sera moins question d’un pluralisme épistémologique ou épistémique, que de la manière dont les thèses de Latour, forgées au sein des Science Studies et de leur confrontation parfois brutale avec l’épistémologie traditionnelle, ont, par une suite de déplacements et de reformulations conceptuels s’étendant sur plusieurs décennies, exigé le passage vers un pluralisme ontologique et épistémologique aux implications plus larges. Ce sera l’occasion de revenir sur les débats qui ont jalonné la trajectoire philosophique de B. Latour, et les controverses où elle s’est inscrite.

La séance aura lieu exceptionnellement de 16h à 18h (en salle de séminaire, Pavillon Pasteur). En effet, nos amis du séminaire « Eux et Nous »  nous invitent ensuite à venir discuter avec Etienne Balibar, de 18h à 20h, en salle Beckett. C’est avec plaisir que nous nous joindrons au débat, et je vous convie tous à en faire autant.

Voici une présentation de la séance que m’envoie l’un des organisateurs, que vous avez d’ailleurs sans doute déjà vu au séminaire Le Pluralisme, Arto Charpentier :

Tout le parcours de Balibar peut se résumer à une sortie du marxisme, à travers l’abandon de l’idée d’une détermination « en dernière instance » (des formes historiques par les formes de la production) au profit de la reconnaissance d’un pluralisme irréductible des formes de domination (et des luttes sociales qui y répondent – se posant alors le problème de leur articulation en coalitions). A ce titre, son itinéraire se distingue parmi les autres penseurs politiques de sa génération (Rancière, Badiou, etc), par sa perspective résolument pluraliste. Son intervention portera plus spécifiquement sur son analyse des « différences anthropologiques » dans leur articulation avec l’universel. Sous ce terme, Balibar réunit aussi bien la différence entre les sexes, qu’entre les « races », les orientations sexuelles, etc., qu’il cherche à penser de manière unifiée sans pour autant domestiquer leur diversité. A partir de différents exemples (Franz Fanon pour les luttes décoloniales, Mary Wollstonescraft pour le féminisme), il étudie les revendications qui naissent de la différence et contestent la forme instituée de l’universel (en tant précisément qu’elle s’accommode en réalité de discriminations et d’exclusions), suscitant ainsi un « conflit d’universalités ». Diversité irréductible et indomesticable des différences anthropologique d’une part, et d’autre part mise au jour de conflits au sein même d’un universel qu’on pensait monolithique. Autant d’aspects qui peuvent nourrir le pan politique des réflexions menées au sein du séminaire Le Pluralisme.

Voici le texte qui sera discuté ce jour là : la conclusion de Citoyen sujet, le dernier livre de Balibar : http://partage.eleves.ens.fr//files/717adf7445478e37c48a6e5a85d41e29/Balibar_-_Citoyen_Sujet.zip

Faites passer le mot et venez nombreux à cette belle après-midi pluraliste !

Jim Gabaret

Séance 18 séminaire pluralisme


		
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One response to “Introduction au pluralisme épistémologique, et « Bruno Latour face à l’épistémologie », Jim Gabaret et Louis Morelle, 20-03-14”

  1. CA says :

    Un pluralisme aux présupposés largement discutables (et pour cela discutés par exemple dans une récente recension dans la Revue française de science politique, disponible aussi sur le blog de l’auteur : http://yannickrumpala.wordpress.com/2013/10/26/lost-in-speculation/ ).

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