Archive | février 2014

Séance 16, Philippe Descola, Anthropologie et pluralisme

Bonjour à tous,

Jeudi prochain, le 20 février, le séminaire Le Pluralisme accueille pour sa seizième séance M. Philippe Descola, professeur titulaire de la chaire d’Anthropologie de la Nature, au Collège de France, qui nous expliquera les raisons de ses choix théoriques, et en particulier de son pluralisme ontologique, puis dialoguera avec le public. Je vous suggère bien évidemment de préparer des questions pour cette séance qui sera une occasion rare de discuter avec l’auteur de Par-delà Nature et Culture. L’événement aura lieu de 16h30 à 18h30, en salle Dussane, au 45 rue d’Ulm.

Venez nombreux !

Jim Gabaret

 

descola affiche

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Diversité des ontologies ou diversité des vécus ? Le tournant ontologique en anthropologie, Martin Fortier, 13-02-14

Bonjour,

Voici l’enregistrement de la belle séance proposée jeudi dernier par Martin Fortier sur les recherches de Viveiros de Castro et de Philippe Descola, que nous recevrons jeudi prochain en salle Dussane.

Cette présentation, intitulée « Diversité des ontologies ou diversité des vécus ? Une critique conceptuelle, ethnographique et cognitive du tournant ontologique en anthropologie. » aborde de manière critique la question du pluralisme ontologique tel qu’il est défendu par une certaine partie de l’anthropologie, et propose les options personnelles de Martin Fortier, que je remercie pour son travail très éclairant.

Bonne écoute, et à jeudi prochain.

Jim Gabaret

Débat Réalisme-Constructivisme : Louis Morelle et Jim Gabaret, 11-02-14

Bonjour,

L’enregistrement de la quatorzième séance du séminaire, débat entre Louis Morelle et moi-même à propos des manières d’être pluraliste et en particulier des versions les plus cohérentes à défendre du constructivisme et du réalisme, est à présent disponible. Merci à Louis Morelle dont c’est la seconde participation au séminaire, ainsi qu’à tous les intervenants.

Jeudi, de 16h30 à 19h, Martin Fortier nous présentera le tournant ontologique en anthropologie, en salle 236 (29 rue d’Ulm, 2ème étage). Venez nombreux !

Bonne écoute et à bientôt,

Jim Gabaret

Séance 15, Martin Fortier, Diversité des ontologies ou diversité des vécus ? , jeudi 13 février 2014

Bonjour,

Je rappelle que demain, Louis Morelle et moi-même débattrons du réalisme et du constructivisme de 14h à 16h en salle de séminaire pour la séance 14 du séminaire Le Pluralisme, exceptionnellement ajoutée au programme.

Jeudi 13, à l’occasion de la quinzième séance du séminaire, nous aurons ensuite la chance d’entendre une présentation de Martin Fortier (EHESS), intitulée « Diversité des ontologies ou diversité des vécus ? Une critique conceptuelle, ethnographique et cognitive du tournant ontologique en anthropologie. » Cette séance préparera la venue de M. Philippe Descola le 20 février.

La séance 15 animée par Martin Fortier aura lieu de 16h30 à 19h, exceptionnellement en salle 236, au 29 rue d’Ulm (2ème étage). Il nous fallait un rétroprojecteur et de la place, car la séance aura lieu en présence de Frédéric Nef et de sa classe de l’EHESS.

Voici un résumé de la séance de Martin Fortier, fourni par ses soins :

« Le récent tournant ontologique d’une partie de l’anthropologie a conduit certains à avancer qu’il existait une pluralité d’ontologies irréductible à une simple pluralité de cultures ou de représentations. Je me proposerai d’évaluer ce tournant ontologique à partir de deux auteurs qui y prennent une place importante : Eduardo Viveiros de Castro et Philippe Descola.

Le point de départ consistera en une présentation des principales thèses de ces auteurs. Nous explorerons ainsi successivement la bipartition de Viveiros de Castro (multinaturalisme amérindien et multiculturalisme occidental) et la quadripartition de Descola (animisme, naturalisme, analogisme et totémisme). On insiste souvent sur ce qui oppose Viveiros de Castro et Descola dans leur théorisation respective des données ethnographiques des basses terres d’Amérique du Sud ; nous verrons que d’importantes différences séparent effectivement la notion de perspectivisme de celle d’animisme ; mais nous montrerons que cela ne doit pas nous empêcher de relever des points d’accord nodaux entre les deux auteurs : l’idée que la pluralité et l’unicité seraient inversement distribuées dans la nature et dans la culture chez les Amérindiens et chez les Occidentaux et l’idée qu’il existeraient une universalité de la dichotomie entre physicalité (ou corporalité) et intériorité (ou âme).

Cette présentation sera suivie d’un examen critique de ces théories. (1) Nous montrerons d’abord que le prétendu dépassement du départ entre nature et culture résulte, tant chez Viveiros de Castro que chez Descola, d’un manque de rigueur conceptuel et sémantique. Nous mettrons en évidence deux paralogismes – le paralogisme post-naturaliste et le paralogisme post-culturaliste – qui les conduisent erronément à conclure que la nature et la culture amérindiennes prennent un sens radicalement différent de celui qu’il a en Occident. (2) Nous montrerons ensuite que le projet de quadripartition de Descola repose sur de nombreuses licences sémantiques et exige une très grande prise de liberté vis-à-vis des données empiriques. (3) Enfin, nous mettrons en évidence à partir d’exemples ethnographiques précis combien il y a toutes les raisons de penser que les humains ne sont pas universellement dualistes à propos des composantes des personnes. Cette critique sera par ailleurs corroborée par de récentes données tirées de la psychologie expérimentale, qui montrent que les humains sont pluralistes et non pas dualistes à propos des composantes de la personne.

Notre propos avancera ensuite des arguments généraux contre le tournant ontologique de l’anthropologie. Nous suggérerons que ce tournant n’est soutenable qu’à condition d’adopter deux thèses très contestables : (1) une première qui nie l’universalité d’une base biologique partagée par tous les membres de l’espèce Homo sapiens ; (2) une seconde qui projette sur le « savoir indigène » les normes épistémiques occidentales, en voulant établir à tout prix une égalité paradoxalement ethnocentrique entre « savoir indigène » et « savoir occidental ».

Nous terminerons par des considérations plus constructives en montrant notamment que tous les défis légitimement soulevés par le tournant ontologique peuvent parfaitement être relevés par une approche alliant anthropologie cognitive, anthropologie de la conscience, psychologie expérimentale et neurophénoménologie. L’anthropologie gagnerait beaucoup à prendre pour objet d’investigation les vécus des individus – vécus qui, nous le verrons, n’ont pas grand-chose à voir avec les attitudes propositionnelles – et à expliquer tous les phénomènes observés à l’aune de ces vécus. L’anthropologie des vécus nous semble (1) pouvoir parfaitement rendre compte des phénomènes qui posaient problème au tournant ontologique, (2) tout en conservant cependant une ontologie déflationniste et unifiée, (3) et tout en offrant pourtant une bien plus grande précision descriptive et explicative. En somme, nous soutiendrons à rebours du tournant ontologique qu’il n’existe qu’une seule ontologie – celle du naturalisme scientifique – mais qu’il existe en revanche une pluralité de vécus – que l’anthropologie a justement pour tâche d’étudier, forte du socle ontologique prodigué par la science, et forte de sa propre pratique de l’observation participante.

Pour conclure, nous reviendrons sur les enjeux politiques qui sous-tendent les travaux de Viveiros de Castro, de Descola ou encore de Latour. Ces auteurs partagent l’idée que la crise écologique que nous traversons aujourd’hui trouve pour l’essentiel ses racines dans l’ontologie galiléo-cartésienne de l’Occident ; ce serait donc en raison de notre ontologie singulière que nous détruirions la nature ; il faudrait dès lors mettre en perspective, amender, voire intégralement réviser notre ontologie afin de nous donner une chance de relever le défi écologique. Nous montrerons qu’il existe une immense littérature expérimentale sur la question qui conteste radicalement le genre de présupposé selon lequel les comportements pro/anti-environnementaux seraient fonction de représentations de haut niveau (seraient fonction d’une ontologie ou d’une métaphysique, par exemple). Ce que nous enseigne au contraire la psychologie environnementale, c’est que les changements de comportement dépendent avant tout de l’interaction active avec la nature ; la pratique de l’agriculture, de la chasse ou de la pêche tend à générer des comportements écologiques, alors que la possession d’une certaine vision du monde – fût-elle résolument non cartésienne – reste sans effet. Si l’anthropologie peut assurément nous apprendre des choses sur la question de l’écologie, c’est donc bien plus par ses enseignements en matière d’ethnosciences et de savoir-faire pratiques que par ses enseignements quant à de supposées ontologies indigènes.

Martin Fortier. »

En espérant vous voir nombreux à ces deux séances, bonne semaine pluraliste,

Jim Gabaret

Affiche séminaire Le pluralisme séance 15, Martin Fortier

Quelques aspects cognitifs et esthétiques du pluralisme cosmologique, Robin Buchholz, 06-02-2014

Bonsoir,

Voici l’enregistrement de la treizième séance du séminaire Le Pluralisme, consacrée à « Quelques aspects cognitifs et esthétiques du pluralisme cosmologique », durant laquelle Robin Buchholz, que je remercie pour sa participation, nous a entretenus des conséquences théoriques et pratiques de l’apparition de la photographie instantanée au XIXème siècle.

Merci à Mme Pr. Shelley Rice (NYU), Victor de Castelbajac et Akili Tomasino (Harvard) pour leurs interventions.

Rendez-vous mardi prochain, de 14h à 16h, pour une séance spéciale consacrée aux raisons d’être pluraliste, où Louis Morelle et moi-même confronterons des positions réaliste et constructiviste au cours d’un amical débat.

Bonne écoute, et merci de votre fidélité.

Jim Gabaret

Séance exceptionnelle le mardi 11 Février – Débat : Louis Morelle et Jim Gabaret

Bonjour,

Aujourd’hui, nous aurons droit à une séance de Robin Buchholz sur les répercussions cosmologiques pluralistes de l’apparition de la photographie instantanée, puis nous aborderons la semaine prochaine – de manière critique – le tournant ontologique en anthropologie et le pluralisme afférent à ces conceptions avec Martin Fortier, dont la séance aura lieu exceptionnellement en salle 236, au 29 rue d’Ulm, car nous accueillerons également Frédéric Nef et sa classe de l’EHESS à cette occasion.

Mais en attendant cette communication qui promet d’être passionnante, et préparera la venue de M. Descola le jeudi 20 février, nous vous proposons, Louis Morelle et moi-même, une séance exceptionnelle le mardi 11 février, de 14h à 16h en salle de séminaire (45 rue d’Ulm, Pavillon Pasteur), pour clore le cycle ontologique et cosmologique par un débat sur les raisons et les manières d’être pluraliste aujourd’hui. Il s’agira pour Louis et moi de défendre des positions relativement personnelles et incompatibles, même si nous partageons un certain pluralisme. Le but n’est pas tant d’exposer nos conceptions encore embryonnaires que d’inciter chacun à se positionner dans le débat, en même temps que d’incarner des types de philosophie assez distincts, à dominante réaliste pour Louis Morelle, et constructiviste pour ma part. En effet, contre le naturalisme contemporain, le pluralisme, qui présuppose une multiplicité d’entités pour décrire le monde, une multitude d’accès à ce monde, voire une pluralité de mondes, ne peut se contenter d’opter pour un pluralisme des représentations, qui renvoie toujours à une nature unique de type moniste, ni pour un anti-réductionnisme qui finit généralement en dualisme des états mentaux et des états physiques. Il faut s’aventurer à proposer une option métaphysique forte : soit un réalisme métaphysique qui conçoit qu’on puisse décrire l’être sans nous, de manière non moniste cependant, en postulant une diversité d’entités existentielles, soit un constructivisme qui pourrait se voir coupler à un anti-réalisme s’opposant au dualisme et aux monismes matérialiste et spiritualiste. Nous tenterons d’explorer ces deux voies avec une certaine distance critique, tout en reconnaissant une absence de neutralité sur ces questions.

Nous espérons vous voir nombreux.

Jim Gabaret

 

Affiche Séance 14 - Louis Morelle & Jim Gabaret - 11 février V2

*Merci à Adrien Fasquel pour la calligraphie de l’affiche.

 

 

Séance 13, Robin Buchholz, Photographie instantanée et cosmologie

Bonjour à tous,

Jeudi 6 février, c’est au tour de Robin Buchholz (ENS) de prendre la parole dans le séminaire Le Pluralisme.

Lors de cette séance, je ferai d’abord un bilan des douze premières séances du séminaire, de la manière dont je l’envisage jusqu’à présent, et des orientations qu’il va prendre.

Robin Buchholz nous présentera ensuite « Quelques aspects cognitifs et esthétiques du pluralisme cosmologique » en s’arrêtant sur les conséquences théoriques et pratiques de la photographie instantanée.

Voici un résumé de sa séance qu’il m’a fourni :

« Lors de cet exposé, je traiterai de « quelques aspects cognitifs et esthétiques du pluralisme cosmologique » et ce, en particulier à propos de la photographie instantanée. La photographie instantanée s’inscrit dans le mouvement de réduction des temps d’exposition en photographie, amorcé dès 1840 avec l’objectif pour portraits de Petzval, mais elle établit une rupture en cela qu’elle ouvre la voie vers des expériences visuelles nouvelles – celles qui étaient restées en deçà du moment perceptif (J. Canales). Je proposerai de lire l’apparition de la photographie instantanée comme un éclatement du cosmos en autant de mondes que de regards appareillés contemplant ces configurations singulières. Je chercherai alors, sur ce fond, de confronter le pluralisme cosmologique de Nelson Goodman et les temporalités bergsoniennes. »

Venez nombreux !

Jim Gabaret

Supéri

* Pour rappel, après la séance de Robin Buchholz, une séance exceptionnelle aura lieu le mardi 11 février afin de clore le cycle ontologique et cosmologique : Louis Morelle et moi-même vous proposerons, de 14h à 16h, un débat entre des positions constructiviste et réaliste pour interroger les raisons d’être pluraliste aujourd’hui.