Morten Jelby, Sartre phénoménologue et le multiple

Bonjour à tous,

L’enregistrement de la dixième séance du séminaire est à présent en ligne. Merci à Morten Jelby pour sa très belle analyse de l’ontologie sartrienne, et sa description de l’éclatement « anti-husserlien » de l’unité vers la multiplicité phénoménale présent chez Sartre, qui nous a offert une belle discussion en fin d’exposé, quant aux problèmes soulevés par de telles hypothèses, ainsi qu’aux options métaphysiques réalistes ou irréalistes les plus à mêmes de répondre aux défis que pose la compréhension sartrienne des étants et de leur rapport à la conscience.

Si un peu plus de phénoménologie vous intéresse, je me permets de faire un peu de publicité pour une émission radio que je réalise avec Aurélia Peyrical sur la radio de l’ENS, intitulée Triptyques, et dont le dernier numéro portait sur l’intriguant « La terre ne se meut pas » de Husserl : http://www.trensmissions.ens.fr/renverser-copernic-avec-husserl/ . Husserl entend refonder là les affirmations coperniciennes de l’astronomie sur un niveau de compréhension plus profond de ce qu’est la Terre. Celle-ci ne doit pas d’abord être conçue comme une planète dans l’espace, comme un corps céleste soumis à des trajectoires mathématisables, mais comme un « sol » à partir duquel notre corps charnel peut seul viser le mouvement d’un objet qui précisément ne s’individue comme « corps » que parce qu’une perspective instaurant une tridimensionnalité de l’expérience (un point témoin et un déplacement de l’objet d’un point A vers un point B) est témoin de son déplacement. La notion de corps, par laquelle l’astronomie caractérise la Terre, ne peut donc exister sans cette perspective ancrée dans un sol terrestre originaire. Cela ne revient pas pour autant à légitimer nos intuitions naturelles géocentristes car c’est seulement en descendant en-deçà de nos croyances réalistes sur l’idée d’un monde stable, statique et existant hors de moi et sans moi, que je peux alors comprendre en quoi sa spatialité toute entière est déjà constituée par les structures intentionnelles que dévoile la réduction éidétique qu’entreprend Husserl.

Les deux précédents numéros sont d’ailleurs en podcast également si cela vous intéresse, le premier sur Nelson Goodman, l’irréalisme constructiviste et la pluralité des mondes (http://www.trensmissions.ens.fr/la-realite-plurielle-de-nelson-goodman/ ), le deuxième sur l’immatérialisme de Berkeley (http://www.trensmissions.ens.fr/berkeley-immaterialiste-heureux/ ).

Bonne écoute et à jeudi prochain pour une séance de Pierrot Seban sur le constructivisme et la pluralité dans la théorie des ensembles et la pensée d’Alain Badiou.

Jim Gabaret

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